Recherche :
La traite de personnes dans les Laurentides

La problématique de la traite de personnes est complexe et souvent clandestine. C’est pour cette raison que le Phare des AffranchiEs et le Cégep de Saint-Jérôme ont travaillé en collaboration pour réaliser une recherche, en deux phases, sur la traite de personnes.

Phase 1           Phase 2

 
Phase 2 : en cours

Objectifs de la phase 2 :  

L’objectif principal de ce projet est d’explorer les réalités des personnes victimes ou survivantes de traite afin de mieux comprendre l’influence des différents systèmes qui les entourent et de leur offrir un accompagnement plus ciblé. 

Cette phase servira à : 

  • Mieux comprendre l’expérience des victimes ou des survivant(e)s d’exploitation; 

  • Explorer les services d’aide offerts et manquants; 

  • Mieux comprendre les éléments liés à la situation d’exploitation et au processus de sortie; 

  • Identifier des pistes de recommandations pour améliorer l’aide aux personnes victimes ou survivant(e)s.

Avantages et retombées

La participation à cette recherche permettra d’élargir les connaissances actuelles et de bonifier les services offerts aux victimes et personnes survivantes de la traite. Cela permettra également aux personnes participantes de s’exprimer sur leur expérience de vie. Globalement, ce projet permettra d’amorcer le développement de programmes d’intervention, de prévention, de sensibilisation et d’éducation adaptés aux réalités spécifiques de cette clientèle. 

Partenariat
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Phase 1 : La traite de personnes dans les Laurentides

Objectifs de la phase 1:

L'objectif général est de documenter la réalité de la traite de personnes dans la grande région des Laurentides à partir du point de vue des personnes interrogées travaillant au sein d’organisations susceptibles d’être en contact avec les victimes de traite.

Cette phase a servi à :

  • Déterminer le niveau de connaissance des milieux; 

  • Établir le profil des victimes; 

  • Déterminer les besoins des victimes d’un point de vue des intervenants; 

  • Faire l'inventaire des services offerts et manquants;

  • Cibler des pistes de solution pour mieux répondre aux besoins des intervenants et des victimes.

Faits saillants de la recherche

Les travailleuses et travailleurs d’organisations susceptibles d’être en contact avec des victimes ont recensé 315 victimes de traite de personnes dans l'ensemble des territoires des Laurentides et la présence de 80 autres victimes a été suspectée. (Page 14 du rapport de recherche)  

Les victimes identifiées sont principalement des femmes (64,8 %) ou des filles mineures (30,8 %) vivant une situation d’exploitation sexuelle (89,8 %). Elles sont essentiellement des citoyennes canadiennes (91,8 %) qui habitent la région, et 62,2 % d’entre elles ont été exploitées sur le territoire. (Page 16 du rapport de recherche)  

Près de 42 % des personnes interrogées considèrent avoir un niveau de connaissance faible ou très faible en matière de traite et près de la moitié des personnes répondantes n’ont reçu aucune heure de formation à cet égard. (Page 19 du rapport de recherche)  

Pour consulter les documents de la phase 1
Rapport de recherche sur la traite de personnes dans les Laurentides par le Phare des AffranchiEs et le Cégep de Saint-Jérôme

Le Phare des AffranchiEs a reçu une aide financière dans le cadre du Fonds d’appui au rayonnement des régions du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Cette recherche a également bénéficié d’une subvention du Programme d’aide à la recherche et au transfert -volet Innovation sociale (PART-IS) du ministère de l’Éducation et du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec et du soutien financier du Cégep de Saint-Jérôme.

Terminologie liée à la notion d’exploitation pour la recherche 

Traite de personnes

Désigne « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité […] d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. » (Nations Unies, 2000).

Exploitation sexuelle 

« L’exploitation sexuelle implique généralement une situation, un contexte ou une relation où un individu profite de l’état de vulnérabilité ou de dépendance d’une personne, ou de l’existence d’une inégalité des rapports de force, dans le but d’utiliser le corps de cette personne à des fins d’ordre sexuel, en vue d’en tirer un avantage. »  (Secrétariat à la condition féminine, 2016). 

Exploitation à des fins de travail

Désigne tout travail ou service, dans le secteur public ou privé, exigé d'un individu sous la menace d'une répercussion directe ou indirecte comme la violence physique, les menaces psychologiques ou le non-paiement du salaire. Les contraintes peuvent également consister en la perte de droits ou de privilèges comme les promotions, les mutations ou encore l’accès à un nouvel emploi (OIT, 2016). 

Servitude domestique

« La personne exploitée est sous l’emprise du foyer qui l’exploite, ses libertés sont réduites et ses conditions de vie sont bien souvent contraires à la dignité humaine. » (OIT, s.d.). Celle-ci s’apparente à l’exploitation à des fins de travail, mais a pour particularité d’être exercée dans un foyer. 

Mendicité forcée

Désigne l’obligation pour une personne de pratiquer la mendicité sous la contrainte d’un exploiteur qui en tire profit. La mendicité peut prendre plusieurs formes, comme demander de l’argent à un étranger prétextant être pauvre ou pour des raisons de santé, offrir des performances artistiques ou récupérer des matériaux recyclables (European Commission, 2012; National Agency against Trafficking in persons, 2009).